LES ORIGINES

le Cabinet des curiosités de Christophe-Paul de Robien vers 1740.


L'origine des collections

  • L'origine des collections

    Christophe-Paul de Robien (1698-1756) tenta vainement de créer une "Académie des Sciences et Belles-lettres" à Rennes, mais cette entreprise, soumise à l'acquiescement royal, échoua. Aussi décida-t-il de travailler seul et c'est à titre personnel qu'il amasse une collection de statues, de tableaux, d'animaux, de plantes, de minéraux et divers objets rares ou précieux dans un Cabinet de curiosités dont ses contemporains mentionnent l'importance. Il établit lui-même, en 1748, un inventaire des richesses de son cabinet, dans un manuscrit en plusieurs volumes. Christophe-Paul de Robien meurt en 1756, après avoir eu l'honneur d'être nommé, l'année précédente, Membre de l'Académie des Sciences et Belles-Lettres de Berlin.

 

  • La confiscation des collections privées à la révolution
  • La collection du Président Christophe-Paul de Robien est léguée à son fils (Paul-Céleste); mais en 1791, craignant pour sa vie, ce dernier fuit la France et ses biens sont confisqués en 1792. Les lois sur la confiscation des biens des émigrés, outre la récupération de ces valeurs par la République, organisaient la séparation des biens mobiliers qui étaient vendus, des objets d'art et de sciences qui étaient conservés et dont il fallait assurer le gardiennage. Pour ces objets confisqués, il existera transitoirement plusieurs dépôts tant chez des particuliers que dans des locaux officiels. En ce qui concerne les biens saisis chez le Président de Robien, ils furent entreposés à Rennes, un peu précipitamment, dans l'église de la Visitation.

Premières vicissitudes en attendant un nouveau toit

1792-1796

  • L'idée d'un Musée parisien regroupant les richesses nationales

    En 1792, le Ministre de l'Intérieur a l'idée de créer, à Paris, un Musée où toutes les richesses de Paris et de Provinces seraient entreposées. Il commande, à cet effet, un inventaire de tous ces biens. Le Conseil général de la Commune de Rennes n'est pas favorable à ce projet qui "contrarierait le voeu public en enrichissant Paris des dépouilles de chaque commune". Mais le risque s'éloigne car ce projet ne se réalise pas.

  • La guerre de Vendée et le transfert des collections au couvent des Carmélites

    En novembre 1793, la guerre de Vendée fait rage et les troupes républicaines se replient sur Rennes après la prise de Fougères. Pour accueillir les blessés, le couvent de la Visitation est transformé en hôpital et les collections qui s'y entassaient sont alors transportées, sans précaution, dans les cellules du Couvent des Carmélites (au nord de Rennes).

  • L'inventaire des collections et la naissance du Muséum national d'histoire naturelle et des arts

    En 1794, les collections, jusque-là propriété de l'Etat, sont confiées aux "Administrations de Districts" . L'inventaire et la prise en charge des objets confisqués s'organisent afin de procéder à un inventaire général de tous les objets appartenant à la Nation et utiles à l'instruction publique, dans le but de les réunir, autant que possible, dans un même local. C'est dans ce cadre que le Directoire du District nomme le 19 mars 1794 (29 ventôse de l'an II) le "citoyen Quéru pour procéder à l'inventaire et récolement du Cabinet d'Histoire naturelle du sieur de Robien". Pierre Quéru de la Coste, ex-prêtre dominicain, dresse un inventaire des collections d'Histoire naturelle, en s'aidant du Catalogue que le Président de Robien avait dressé lui-même. Quéru de la Coste est ensuite nommé, en 1796, Conservateur du "Cabinet d'histoire naturelle".

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