LE MUSEUM D'HISTOIRE NATURELLE ET DES ARTS

1796-1815

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Les collections sont transférées dans les bâtiments de l'ancien évêché (le palais Saint-Mélaine) et le Muséum d'histoire naturelle et des arts est créé en 1798. Il sera ouvert au public.

 

 

 


  • Le transfert des collections dans l'ancien évêché

    En 1796, conformément à un décret de la convention, un enseignement est créé à Rennes dans une école centrale. Chaque école devait être pourvue d'une bibliothèque, d'un jardin botanique, d'un cabinet de physique et d'histoire naturelle, d'une collection de machines et de modèles pour les arts et métiers, le professeur souhaitant, en effet, "des collections qui offrent à la vue des élèves, toutes les choses dont il les a entretenus". A cet effet, les livres, objets d'art et d'histoire naturelle sont transférés à l'ancien évêché, près du Parvis de Saint-Mélaine où ils occupent une partie des bâtiments.

    Un bibliothécaire et deux conservateurs en titre veillent sur ces richesses et certains y enseignent. Le "Calendrier du département d'Ille-et-Vilaine" de 1797 indique qu'au "Muséum national, au ci-devant évêché, il y a un cabinet d'histoire naturelle où se donnent des leçons d'histoire naturelle" par le "Commissaire Quéru". Pour compléter la création de cette école centrale, le jardin de l'évêché est aménagé en jardin botanique (actuel Thabor).

  • Le Muséum d'histoire naturelle et des arts ouvre au public en 1798

    En 1798, le "Muséum d'histoire naturelle et des Arts" est ouvert au public. Un public nombreux et fort indiscipliné afflue. Il faut vite en réglementer les visites. Ainsi "les chiens, les enfants non accompagnés et les personnes qui portent des enfants dans les bras ne sont plus admis". Il est aussi stipulé que les cannes et bâtons seront laissés à la porte.

    Un inventaire de 1801 effectué par Quéru de la Coste dénombre les principaux éléments minéraux ou biologiques et précise que "les animaux sont disposés dans des armoires vitrées présentant une surface d'environ 17 mètres" et que pour les plantes, "les armoires ne sont pas encore faites mais elles présenteront une surface vitrée d'environ 14 à 15m destinée à renfermer les substances végétales actuellement en magasin".

    Passé en 1805 sous la responsabilité de la Municipalité, l'accès du public aux différents Musées est réduit "le lundi et le jeudi à trois heures après-midi". La réorganisation des administrations se poursuit. Les écoles centrales sont supprimées, celle de Rennes ferme ses portes en 1805. L'enseignement sera poursuivi dans le lycée auquel sont attribués quelques livres et le cabinet de physique. La bibliothèque est transférée à l'Hôtel de ville où elle fusionne avec celle des avocats. Le Musée de peinture et le cabinet d'histoire naturelle sont maintenus à l'évêché, en tant que propriétés du département. Mais en 1805 cette propriété, et surtout ses charges, sont transférées à la ville. Le Conservateur du cabinet d'Histoire naturelle, Pierre Quéru de la Coste, meurt en 1805, sa fonction incombe au Conservateur de la galerie de peinture Jean-Baptiste Paste. Ce cumul des charges de conservation se poursuit avec le successeur de Jean-Baptiste Paste : M. Logerot, professeur et maître de dessin au lycée. Les cours d'histoire naturelle professés par Pierre Quéru de la Coste se poursuivent sous la responsabilité de l'organisateur du jardin botanique, Professeur à l'école centrale, Jean Danthon, recommandé par Lacépède, dont il fut l'élève. Les écoles centrales ayant été supprimées, Jean Danthon ne peut enseigner au lycée une matière qui n'existait pas dans les programmes. Il perd son poste. Ses cours publics sont suspendus jusqu'à ce que la municipalité crée en 1807 un poste de Surveillant du jardin des plantes et de Professeur d'histoire naturelle qui aura pour charge de donner des leçons dans le Musée. Jean-Vincent-Yves Degland est nommé à ce poste. En 1808 il devient aussi Conservateur du cabinet d'histoire naturelle. Il réalisera, entre-autres, un bel herbier qui persiste dans les collections actuelles.

  • Les bâtiments de l'ancien évêché (qui hébergent les Musées) sont très convoités
  • En 1812, l'Evêque de Rennes qui ne dispose que d'une partie des anciens locaux de l'évêché réclame, en raison du Concordat, que tout le bâtiment lui soit restitué. Il lui est répondu que le Concordat stipulait que "les Conseils généraux des départements fourniront un logement à l'évêque" rien de plus; et que si l'on avait mis une partie des locaux à la disposition de son prédécesseur "sans nuire à l'établissement actuel du Musée" il s'agissait d'une simple jouissance et non d'un "titre de propriété".

    Le Maréchal Soult, Gouverneur militaire, hébergé à l'évêché, demanda que les appartements du Conservateur, M. Logerot, lui soient laissés, mais "sans que cet employé n'en éprouvât aucun préjudice". Le Maire trouva alors un logement pour le Conservateur de la galerie de peinture.

    En 1814, le Préfet sera le plus déterminant, en signifiant au Maire de Rennes que le Muséum ne peut plus rester dans le palais épiscopal "ce palais étant le seul, à Rennes, dont on puisse disposer pour recevoir les Princes de la famille royale". Le Musée est donc transféré à l'Hôtel de ville dès le début de 1815. Les toiles sont déposées dans les salles basses du Présidial et les collections scientifiques sont entreposées, en désordre, dans les greniers. Un annuaire de l'époque (1817) nommé : "Etrennes royales de Rennes et du département d'Ille-et-Vilaine" résume la situation ainsi : "Musée royal d'Histoire naturelle et des Arts : Il est maintenant fermé... Musée des Tableaux : Il ouvrira dans le courant de février".

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