|
|
|
|

Dr.
Alain CANARD Directeur
du musée d'histoire naturelle de Rennes.
|
|
|
|
Interview
d'Alain CANARD
Le
premier Muséum d'Histoire Naturelle en Bretagne verra bientôt
le jour à Rennes. A l'origine de ce projet, le docteur Alain Canard,
enseignant-chercheur à l'Université de Rennes 1 et directeur du Musée.
Il répond à quelques-unes de vos interrogations ?
|
|
|
|
|
-
Pourquoi
un Muséum au sein de l'Université
?
-
Pourquoi la Bretagne ne possède-t-elle
pas de Muséum ?
-
Quelle
sera la mission scientifique de ce Muséum
?
-
Ce
Muséum a-t-il une place dans la réalité économique régionale ?
-
Aura-t-il
une mission pédagogique de service public
?
-
Sera-t-il aussi un lieu de divertissement pour le grand public
? |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
| -
Pourquoi un Muséum au sein de l'Université?
|
Parce
que l'Université de Rennes 1 possède déjà une impressionnante collection
dont certains spécimens remontent aux XVI et XVIIè siècles et appartenaient
au Président du Parlement de Bretagne, Christophe-Paul
de Robien
(1698-1756) qui rassemblait toutes ses richesses dans son " cabinet
des curiosités ". Au fil de l'histoire, ces collections se sont enrichies
mais aussi dispersées, pour être transferées définitivement sur le
Campus de Beaulieu en 1967.
Les spécimens de sciences naturelles, sont aujourd'hui partiellement
utilisés pour les enseignements et une partie d'entre-eux sont rassemblés
dans une galerie
de zoologie.
Malgré tous les efforts réalisés pour préserver
les collections, leur stockage est assuré dans de mauvaises conditions
de conservation. L'humidité commence à dégrader inexorablement certaines
pièces uniques, seuls représentants au monde d'espèces à jamais disparues.
Il y a donc urgence à sauvegarder et restaurer cette richesse patrimoniale
régionale, culturelle et scientifique, d'où l'idée de créer un vrai
Muséum d'Histoire Naturelle.
|
|
|
|
|
|
|
|
|
 |
|
| -
Pourquoi la Bretagne ne possède-t-elle pas
de Muséum ? |
On
peut effectivement s'en étonner. La quasi totalité des régions
françaises en sont pourvues (excepté la corse et le limousin).
Les Pays de la Loire en possède cinq. Toutes les grandes métropoles
régionales comme Toulouse, Strasbourg... mais également des villes moyennes
comme Orléans, Bourges ont un Muséum d'Histoire Naturelle ouvert au
public. Quand on voit l'engouement des français pour le film Microcosmos,
et quand on réalise l'énorme impact économique et touristique des structures
culturelles et scientifiques, comme à
Brest, Océanopolis
dans le domaine de la mer ... on peut naturellement se demander pour
quelle raison la Bretagne, terre d'authenticité soucieuse de son environnement,
ne s'est pas doté d'un Muséum d'Histoire Naturelle moderne. D'autant
plus que la Capitale Bretonne est dans le peloton de tête des grandes
villes universitaires, leaders dans le domaine de l'étude de la biodiversité.
Ce Muséum d'histoire naturelle sera
la pointe avancée de ce secteur de recherche, qui devrait prendre de
l'ampleur dans les années à venir, compte tenu de la fragilité écologique
des milieux et de la prise de conscience de la population pour son environnement.
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
 |
|
| -
Quelle sera la mission scientifique de
ce Muséum ? |
La
première mission scientifique de ce muséum sera bien-sûr celui de la
sauvegarde
et de la valorisation des collections.
De nouvelles acquisitions enrichiront le patrimoine. Ajoutons que ces
investissements sont très modestes par rapport à l'achat d'une toile
de maître par exemple ! Mais ce Muséum sera aussi un formidable
outil de formation et de recherche
pour les étudiants, les doctorants et les enseignants-chercheurs de
l'Université de Rennes 1, mais aussi de toutes les universités bretonnes,
hexagonales ou même étrangères. Tous les groupes ou associations de
recherche en faunistique et floristique pourront trouver en son sein
les compétences pour coordonner des actions naturalistes, ou établir
des banques de données avec des spécialistes en biologie animale et
végétale. Les spécimens du muséum illustreront les connaissances sur
le vivant, sur la biologie ou l'écologie de leur espèce, de leur groupe,
de leur milieu, complétant et optimisant la formation naturaliste.
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
 |
|
| -
Ce Muséum a-t-il une place dans la réalité économique
régionale ? |
Bien-sûr,
et j'aurais même envie de dire, plus que jamais. Les scientifiques du
Muséum seront en étroite relation avec le
milieu entrepreneurial de la région.
Les sociétés régionales, les collectivités locales, mais aussi les professionnels
du monde agricole, pourront consulter les spécialistes, pour un conseil
ou pour traîter en profondeur des dossiers qui les préoccupent : définir
l'indice de qualité d'un milieu, connaître l'impact des métaux lourds
ou des pesticides, rétablir un équilibre écologique fragilisé... Parallèlement,
notre groupe d'enseignants et de chercheurs, en partenariat avec le
service de la formation continue de l'Université, pourra proposer aux
professionnels des stages de formation continue, en travail de terrain
ou de laboratoire. Les connaissances et les travaux de recherche des
scientifiques pourront ainsi trouver des applications dans le domaine
économique.
|
|
|
|
|
|
|
|
 |
|
|
|
|
| -
Aura-t-il une mission pédagogique de service public
? |
C'est
un devoir et une priorité. Notre projet prévoit des
espaces d'éveil et
de découverte des sciences de la vie, de la biologie et de l'écologie
conçus pour les scolaires et adaptés à tous les niveaux, de la
maternelle à l'université. Une salle équipée pourra même être mise à
la disposition des enseignants de l'école primaire et secondaire pour
organiser à la mi-journée ou à la journée des " classes vertes ". Ce
qui donnera la possibilité aux écoles, collèges et lycées des autres
départements bretons de venir visiter le Muséum, et d'optimiser leur
déplacement. A travers cette action pédagogique, le muséum ambitionne
de sensibiliser les générations futures à la sauvegarde et au respect
du patrimoine naturel. Il permettra aussi de développer chez ces jeunes
des qualités d'observation, mais aussi de curiosité, et d'éveiller en
eux le désir d'apprendre, d'enrichir leurs connaissances en leur donnant
des repères concrets par rapport au savoir théorique. En quelque sorte,
l'apprentissage par l'expérimentation.
|
|
|
|
|
|
|
|
|
 |
|
|
| -
Ce Muséum sera-t-il aussi un lieu de divertissement
pour le grand public? |
Ce
sera non seulement un
lieu grand ouvert au public mais
nous le ferons participer. Avec les technologies du Multimédia, informatique,
audiovisuel, bornes interactives, micro-caméras, effets sonores et jeux
de lumières... ce Muséum plongera le visiteur dans l'exploration
du monde fantastique et fascinant de la biodiversité, au coeur de la
vie, au coeur de la nature. Le visiteur découvrira non seulement toutes
ces richesses patrimoniales vieilles de plusieurs siècles, mais il apprendra
aussi les applications pratiques de certaines espèces vivantes : leur
utilité pour l'homme, l'utilisation de certains animaux pour lutter
contre les ravageurs des cultures, les déclinaisons médicales, cosmétologiques
ou industrielles de certaines plantes... Des films animaliers ou autres
productions audiovisuelles réalisées autour de l'environnement, l'écologie,
et la nature en général, seront projetés dans l'auditorium. Des expositions
temporaires,
dont certaines seront prévues pour être itinérantes, seront organisées
sur une thématique naturaliste qui donnera à voir aux visiteurs des
collections nouvelles venues du monde entier. Ce sera un espace de vie
et d'animation au sein du campus, et une ouverture de l'Université vers
le grand public. Ce Muséum mettra à la portée de tous,
les connaissances, mais aussi certains travaux des chercheurs afin d'expliquer
avec des mots simples ce qui se fait dans les laboratoires de l'Université
pour mieux évaluer les avancées de la science et comprendre ses applications
futures.
Avril 2000
|
|
|
|
|
|
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |